Regarde étalées nos douleurs, sens nos plaisirs !
Ici,
Le c½ur souple, dérivé d'un compatissant.
Le c½ur docile, c½ur tendre prêt à servir.
Le c½ur oblatif, le reflet d'un repentant.
Le c½ur mou, toujours doux qui ne peut pas sévir.
Et là,
Le c½ur parfumé de joie, c½ur sacré, c½ur humble,
Le c½ur-archive, maître des temps forts et simples.
Le c½ur ouvert, dégourdi qui sort de la cage.
Le c½ur pénétrant, dilué, l'indice d'un sage.
Les c½urs qui ont fait défaut à ce monde atroce.
En bas,
Le c½ur maussade, trésor des vindicatifs.
Le c½ur crispant, vermoulu, richesse morose.
Le c½ur sans charme, rugueux que le pire arrose.
Le c½ur virulent, le propre des agressifs.
Dans la cruche,
Le c½ur grincheux qui rumine crûment la haine.
Le c½ur épineux, hargneux, saturé de peines.
Le c½ur venimeux d'un rancunier orageux.
Le c½ur poilu d'un sorcier aux coins ombrageux.
Voilà la fortune du quartier des féroces.
Dans la couveuse,
Le c½ur intimidé d'enfant traumatisé.
Le c½ur imbibé d'horreur, c½ur hypnotisé.
Le c½ur qui frissonne d'effroi, c½ur aveuglé.
C½ur, frustré fixé sur des supports ébranlés.
Dans le vase,
C½ur bavant, preuve de l'esprit commotionné
Qui commande un robot humain conditionné.
Tel est le c½ur angoissé, délirant, stressé
Par un futur douteux, et le passé blessé.
C'est l'état que ce loup armé veut de nos gosses.
En marge,
Le c½ur chaotique, le moteur des anarchistes.
Le c½ur tyran des dictateurs impérialistes,
Sources des calamités, hommes pyromanes
Animés d'esprit mythomane- kleptomane.
A la poubelle,
Le c½ur rapace des ventriotes sanguinaires
Le c½ur aliéné, conseiller des sans pitiés.
Le c½ur en acier des carriers génocidaires,
Patrimoine dont je ne suis pas héritier.
Maudites passions que j'enterre dans la fosse.
Au sommet, couronnés,
Le c½ur anticipatif des héros tenaces.
Le c½ur stable malgré la pression de la masse,
C½ur blindé, à l'abri des assauts téméraires,
Le c½ur qui n'envie guère la paix éphémère.
Au fond, en privé,
Le c½ur si précieux de nos rares opiniâtres
Qui ne débitent pas de propos acariâtres,
C½ur de nos monuments, martyrs persévérants.
C½urs des illustres pacifistes endurants.
Vertus de nos sages dont les prouesses rehaussent.
Sous la table,
Il est aussi de ces c½urs où tout est mêlé,
C½urs des dégoûtés pour qui, tout est inodore.
Les c½urs des dépassés dont la vie est gelée.
Les c½urs passe-partout de teint multicolore.
Dans l'aquarium,
C½ur – siège des sentiments, abri de la peur
Celui de l'industrie humaine, amie des fleurs ;
Un c½ur malléable façonné en pure argile,
C½ur vulnérable en vitre pour l'esprit fragile.
Quel monde hors du commun ! qui sans répit bosse !
